La Réflexion base de l’hygiène relationnelle ?

Pour mémoire il existe deux adjectifs assez différenciants qui qualifient le substantif réflexion. Primo, réfléchi, spécifique à l’entendement ou à l’observation physique : un choix murement réfléchi ; l’image réfléchie du miroir. Secundo, réflexif, spécifique à la philosophie ou la psychologie : une analyse réflexive des modes relationnels de soi à soi ou de soi aux autres. Ce terme, réflexif, implique la notion de pensée qui se pense, d’intelligence qui s’observe à l’œuvre. Rappelons-nous que nul ne peut penser pour autrui, confère Socrate pour qui la pensée humaine est un travail analogue à l’effort de parturition.

Pour mémoire également il existe deux types majeurs de Connaissance. La Connaissance scientifique qui est la science des objets (la balistique, science réfléchie qui a pour objet l'étude de la trajectoire des projectiles – dans l’air du temps) et la Connaissance philosophique, science réflexive des questions humaines subjectives, distinguant le connu du connaissant (l’être humain en tant qu’il se connait lui-même avec la double notion sujet- objet, concepts éminemment corrélatifs). La seconde n’exclue pas la première, l’inverse est loin d’être avéré et plus problématique. Force est de constater une dérive scientiste, (rien à voir avec la science), qui, dans un discours économiste, objective tout, ne voit en toute chose que du rationnel, réifie ce qui l’entoure. Jusqu’à intégrer le monde humain et non -humain, dans l’univers des objets dont la captation est sensée assurer sa rentabilité. Et par voie de conséquence, dans son délire où tout est minerai, bannit, dénie, ou feint d’ignorer les deux adjectifs qualificatifs qui nourrissent la substance du mot réflexion dans sa double acception.

Le buzz généré par l’I.A. fournit un écho quasi obsessionnel à cette dérive dans un paradoxe étonnant. Celui de vouloir rester sourd au rationnel, à l’objectivité, pourtant fonds de commerce scientiste a priori, et d’accepter favoriser les profits émotionnels immédiats. Ceci aux dépens du rationnel et de la Science Réfléchie qui lorsqu’elle n’est pas mutique crie dans le désert. Parallèlement, la vitesse, entre autres, promet la domination aux plus rapides, le temps de la réflexion est annihilé, nous somme (du verbe sommer) de rester dans l’irrationnel. Parallèlement la Science Réflexive, inouïe par un manque de courage politique, se voit verser de sa cruche percée ses arguments dans une jarre sans fond. Même quand la technologie se pare de termes tels que l’intelligence, il arrive parfois qu’à celle-ci se mêle une naïveté confondante.

Alors à ce moment, oui, la Réflexion qui conduit à l’analyse réflexive des modes relationnels de soi à soi ou de soi aux autres, devient une question d’hygiène.